Place du Grand Sablon 40
1000 Bruxelles
Tél. +32 (0)2 504 80 30
Fax +32 (0)2 513 21 65
Contact : Olivia Roussev
Du jeudi 12 au lundi 30 juin 2008
Ouvert tous les jours (sauf le dimanche)
de 10 h 30 à 18 h 30 (entrée libre)
Photographies de l'exposition
Catalogue (PDF 2 Mo)
Jurgen Bey (1965) est l’un des principaux acteurs du design néerlandais.
Diplômé
de l’académie de design d’Eindhoven en 1989, il s’est ensuite fait
connaître dans le monde entier grâce à des créations guidées par le
recyclage, la science et la poésie. La galerie de Pierre Bergé &
associés l’accueillera du 12 au 30 Juin 2008 avec sa dernière création
: “witness flat” ou appartement témoin.
La
Galerie de Pierre Bergé & associés se métamorphosera le temps de
l’exposition en un loft mettant en scène de manière optimale une
vingtaine de pièces spécialement réalisées pour l’occasion ; celles-ci
seront mises en vente pour le plus grand bonheur des collectionneurs et
des amateurs du design de notre temps.
Jurgen Bey est un
bricoleur. Il trouve son inspiration à partir de vieilleries
apparemment inutiles, attiré peut-être par leur symbolique ou leur
absence de prétention. Se considérant comme un chercheur, il passe son
temps à analyser les qualités et la valeur cachée qui nous environne.
Pour
la galerie de Pierre Bergé et associés, le créateur néerlandais décide
de reconstituer un appartement avec divers espaces de vie. Suivant son
goût pour l’écologie et l’environnement, Jurgen Bey nous présente en
exclusivité une vingtaine de pièces mêlant essentiellement bois et
feutre. Ainsi, la pixel chair et le pixel sideboard créations
futuristes conçues en bois naturel viendront côtoyer des pièces
revêtues de tricot ou d’éléments brodés. Ce design unique, destiné à
une chambre, une salle à manger ou un bureau sera présenté séparé par
du bois ou de la moquette faisant de l’appartement un lieu se voulant
proche et en adéquation avec le milieu naturel.
Ce sont les arbres et les moutons hollandais qui ont rendu possible la création de la collection de mobilier design, changeant la galerie d’art en un appartement témoin. Lattes de bois, rouleaux de feutre, et mains adroites sur machines à coudre ont collaboré à la réalisation de toutes ces créations dont résulte un appartement témoin.
L’industrie du luxe ayant jeté son dévolu sur le mobilier design, nous sommes aujourd’hui face à une véritable révolution dans l’appréhension de l’objet en tant que tel.
À l’exemple de Charme Group en Italie, ces grandes compagnies acquièrent une à une les petites et moyennes entreprises familiales qui firent l’histoire de la création de meubles au XXe siècle. Ces nouveaux “propriétaires” n’hésitent pas à y introduire la stratégie d’un marketing ayant fait ses preuves dans un monde du luxe hyper-médiatisé : “One-offs” et éditions limitées font leurs apparitions dans un monde dont les règles se rapprochent toujours plus de la haute couture ou de l’art contemporain. Le design s’éloigne de l’industrie pour atterrir dans les galeries et les salles de ventes… Les canaux de distributions s’en retrouvent chamboulés.
Les mots haute couture sont aussi utilisés par le designer hollandais Jurgen Bey (né en 1965) pour définir son exposition dans la galerie Pierre Bergé & associés, qu’il décrit comme un projet totalement novateur et à vocation multiple. Cela peut sembler étrange venant de Jurgen Bey qui depuis le départ s’est fait remarquer par tout- sauf des créations à la mode - ayant une préférence pour l’analyse des choses qui n’intéresse personne comme la poussière, l’attente ; pratiquant un arte povera qui lui est propre et qui n’est du qu’à sa mauvaise mémoire.
À la demande de Pierre Bergé & associés, il transforme désormais la galerie en un appartement témoin, comme si le public entrait dans un intérieur comme au spectacle. Le studio Makkin & Bey a réalisé ce projet avec une série de meubles design complètement innovants, en bois et feutre, se référant par ailleurs au fourreur et à son atelier qui jadis logeaient et prospéraient dans le bâtiment. Il utilise un langage lié aux emballages, aux résidus, et aux témoins qui généralement n’intéressent personne. “Ce type de projet est tout à fait nouveau pour les personnes y ayant participé” selon Bey. Ainsi, le designer a la possibilité de travailler dans des circonstances radicalement différentes. Dans des projets tels que Interpolis, le designer est pieds et poings liés à une mission très spécifique, un espace ouvert à tous, convivial et durable, alors qu’ici l’expérimentation est plus libre, la mission étant dénuée d’encadrement. Il reste néanmoins différent d’une commande privée n’impliquant pas les contraintes ayant trait à un lieu public, mais où le designer est tributaire des désirs d’une seule et unique personne. L’expérience est bien plus abstraite ; chaque visiteur pourra avoir un sentiment de connaître l’appartement sans y avoir résidé et avant que le rêve ne soit finalement réparti entre les nouveaux propriétaires.
Max Borka
© La Galerie de Pierre Bergé & associés | Réalisation 2exVia avec MasterEdit©